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Forum>The Doors>Pensez vous que Jim Morrison est un poète au sens noble du terme ???
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Miami 69


3 Aoû 2019, 14:30
je suis à 100 % d’accord avec ce que tu dis

il y a aussi eu des périodes merdiques sur ship of fools, d’où le surnom donné de shit of fools par certains sur des réseaux sociaux mais depuis quelque temps ça roule
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Sister Mid'nite


3 Aoû 2019, 14:35
Il y a des profils variés sur ship of fools et chacun amène ses intérêts. On est très complémentaire je trouve.
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Geoffrey


4 Aoû 2019, 1:23
Citation de Sister Mid'nite :
Manzarek l'a baratiné et sur le moment Jim s’est laissé convaincre. Mais en réalité il n’a pas abandonné son idée puisqu’il l’a chanté en concert et il a obtenu que le poème figure sur Absolutely live.


Oui, enfin, Absolutely Live est devenu le dernier album contractuel que les Doors devaient à Elektra (un album studio avec du nouveau matériel donc); et c'est dans ce contexte que Rothschild a mis des morceaux jamais sortis sur disque studio (Who Do You Love, Love Hides, Build Me A Woman, Universal Mind, Dead Cats et Celebration of the Lizard). Pas sur du tout que ce soit le résultat d'un lobbying en particulier de Jim. Sources ?
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Sister Mid'nite


4 Aoû 2019, 3:34
Quand les doors ont décidé d'enregistrer en concert pour sortir un disque (comme Jim l'annonce lors d'une soirée à l'Aquarius theatre en 1969) le but était d'avoir un témoignage de l'atmosphère et de la dynamique très particulière des live des doors. Et les lives étaient l'occasion pour Jim de présenter sa poésie. Il y a de nombreux exemples d'introduction de poèmes entre les morceaux où dans les morceaux (Light my fire, the End, etc..)

Je n'ai jamais lu que Absolutely live devait être l'occasion de publier des morceaux "inédits" en studio.


Pour être précis, Love hides et Dead cats et dead rats sont des improvisations de Jim et Universal mind est à l'origine, selon Krieger, une pièce de The celebration of the lizard.


Ce que je veux dire c'est que les arguments avancés pour écarter The celebration of the lizard de l'album studio n'ont plus tenus quand il a fallu donner une image la plus fidèle possible de l'esprit doors.

En lisant les interviews de Paul Rotschild et de son travail de prod sur Absolutely live, on comprend que le compte à rebours à propos de sa rupture avec Morrison avait commencé.
Il est extrêmement négatif et pour proposer un enregistrement "audible", il se plaint de devoir corriger avec des "collages" toutes les contre-performances vocales de Jim...
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Geoffrey


4 Aoû 2019, 10:28
Malheureusement, ma chère Sister, tu sembles réécrire quelque peu l'histoire (et je dis ça sans malice, ni quoique ce soit).

Les Doors ne voulaient pas sortir d'album live, et leur producteur encore moins. Simplement c'était la mode à l'époque, chaque groupe avait son album live iil y avait un disque à sortir contractuellement. Selon Paul, les Doors ne sont pas un groupe qui sonne bien en Live, aussi reconnaît-il volontiers que sur le plan scénique, ils étaient passionnants, sur disque, cela ne donnait pas grand chose. Ainsi a t-il préféré donc - et demandé lui même aux Doors de jouer des morceaux différents les soirs d'enregistrements - pour inclure des inédits et ainsi donner un "sens" à cet album live.

Dans l'interview pour Circus Magazine, Jim rappelle qu'à la base, l'idée était de sortir un album live à partir des deux seuls concerts donnés à l'Aquarius Theater (plus la répétition du lendemain, technique de Paul pour faire quelques edits, ni vu, ni vu, album qui sortira sur BMA sous le nom des Aquarius Rehearsals). Jim le dit lui même dans l'interview: à l'écoute des bandes, ils se sont rendus compte que ça ne permettait pas de faire un bon album et, en ce sens, est d'accord avec son producteur. Ainsi, décision a été prise d'enregistrer de nombreuses dates en 1970 pour arriver à un résultat satisfaisant. Ainsi, The Celebration of the Lizard sera jouée aux deux soirs des concerts de l'Aquarius et lors du Felt Forum (et lorsqu'on voit la set list des concerts donnés à l'aquarius, on se rend bien compte que la set list voulue par Paul y est déjà jouée...tous les morceaux qu'on retrouve sur l'album final d'Absolutely Live y sont joués, preuve que Jim n'a eu à batailler sur rien; tout était déjà acquis).

Quant à Rothschild, il ne vise pas Jim en particulier lorsqu'il s'exprime sur Absolutely Live. Lors d'une interview, il est amené à répondre à la question suivante: "the live album was criticized fairly heavily when it came out. Critics complained that your recorded it past their prime and that Morrison sounded drunk" / L'album live a eu de mauvaise critiques lorsqu'il est sorti; les critiques ont relevé que les concerts avaient été enregistrés après la période où les Doors étaient les meilleurs, et que Morrison semblait bourré", ce à quoi Paul a répondu "{...} what do you expect ? Jim was ALWAYS drunk {...}. Pour le reste il ne vise pas Jim en particulier et dit simplement qu'il n'avait pas de "complete takes of a lot of the songs" pour expliquer ses edits. Et une fois de plus, l'écoute des albums sortis sur BMA l'attestent: les edits ont été rendus nécessaires à cause de solos de guitare ratés (ou désaccordés) ou de fills ratés de John et peut-être aussi de performances inconsistantes de Jim, mais dire "que le compte à rebours à propos de sa rupture avec Morrison avait commencé", c'est méconnaître l'opinion de Rothschild sur les Doors: Paul n'a jamais eu une grande opinion de Jim comme chanteur (en revanche, il le respectait énormément en tant que parolier et en tant qu'homme charmant et extrêmement cultivé "lorsqu'il n'était pas bourré").

De mémoire, cette interview en dit beaucoup, mais il y en a une autre qui est plus intéressante, je n'arrive pas à la retrouver. Dès que je la retrouve, je posterai le lien ici !

Paul Rothchild - BAM interview
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jimborrison


5 Aoû 2019, 5:43
Difficile de trancher : la thèse de Sister tient la route même si les interviews de Rothschild peuvent laisser paraître le contraire mais en fin de compte le timing ne change pas grand'chose avec les faits qui ont finalement produit la rupture.
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Geoffrey


5 Aoû 2019, 6:54
On peut faire thèses contre faits :)

La rupture a été consommée par la fameuse session de répétitions pré-LA Woman. Paul le dit bien volontiers dans la même interview.

En revanche, je n'avais jamais lu que Universal Mind était une pièce de COL ? C'est une nouvelle pour moi.
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Miami 69


5 Aoû 2019, 10:20
Rothschild n’est pas arrivé au workshop écouter la musique et à la fin de la journée il dit ciao les gars continuer sans moi.

C’est évident qu’une décision comme ça avait ete prise après plusieurs mois de reflexion..
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Sister Mid'nite


5 Aoû 2019, 15:08
Mon cher Geoffrey, si je réécris l’histoire, j’ai l’impression que tu as tendance à la simplifier en te focalisant uniquement sur un entretien de Rothschild qui n'est en réalité qu'un rouage dans tout « le sytème ».


J’essaye de répondre de manière organisée.


1. Les raisons de sortir un live malgré l'opposition du producteur:


Certes l'année 69, comme le dit Rothschild, marque la sortie d'un grand nombre d'enregistrements live.

Mais ce n'est pas la raison principale qui pousse Elektra à faire la même chose.

Suite à la performance à Miami en 69 et je ne t'apprends rien à ce sujet, Morrison a dû faire face à une série de critiques médiatiques (y compris du magazine Rolling stones) et les doors ont été blacklister par les organisateurs de concert.

Elektra a cherché, vu l'ampleur des réactions anti-Morrison, à résoudre une situation qui pouvait mener le groupe droit dans le mur avec le risque de priver la maison de disque de sa principale source de revenus.

Face à la corvée que fut l'enregistrement de The soft parade qui parait finalement en août 69, Elektra a suggéré une parade (molle ?) qui éviterait de se retrouver face à des séances d'enregistrements et de post production sans fin. Cette parade était la sortie d'un live. Les doors ont accepté vu leur inactivité forcée pendant plusieurs mois et parce que cela rejoignait un de leur projet (tu cites Rothschild, je me permets de reciter Morrison qui dit en introduction aux concerts de l'Aquarius que cela fait déjà longtemps que les doors songeaient à sortir un live).

Pour éviter que tout parte en couille (face aux médias et à la justice, le groupe faisait bloc, mais en privé les reproches contre Jim fusaient), Elektra décida d'organiser des concerts "alibi" à l’Aquarius theatre à Los Angeles qui serviraient de base au disque live (comme tu l'as dit) avec une sortie prévue fin 69, Elektra ne s’attendant pas à la sortie d’un nouvel album studio rapidement. Mais l’inattendu Morrison hotel / Hard rock cafe fut mis en boîte exceptionnellement vite ( enregistrement novembre + décembre 69), et rencontra un succès mérité lors de sa sortie en mars 1970. Malgré tout, le projet de sortir un live fut maintenu, Elektra restant toujours inquiète sur la capacité des doors à créer un nouvel album studio.

Cependant si la qualité des interprétations à l’Aquarius est d'un bon niveau, il ne s'agit en rien du témoignage d’un concert qui avait fait la réputation des doors. Aucune provoc, aucune impro et finalement une énergie et une atmosphère nulles. Seule une version relativement hot de Gloria (on entend même Manzarek dire « suck it » … ) est enregistrée dans une séance privée post concert. Tu m'étonnes qu'il a été décidé d'enregistrer des concerts supplémentaires.


Il faut se souvenir que de son côté, Jim, soutenu par Manzarek, avait lancé en 68 le tournage de Feast of friends qui pouvait donner une idée assez fidèle de l'atmosphère propre aux doors et surtout témoignait de la manière dont Morrison voulait qu'on voie la vie du groupe. Et en 69, ce film était en montage.





2. Un long poème de Jim refusé au printemps de 1968 réapparait dans un disque en 1970 sans aucune modification majeure dans sa forme. Pourquoi je considère ça comme une "victoire" pour Jim.


Suite à ces concerts à l'Aquarius et à ceux de 1970, Rothschild s'est retrouvé face à un très important matériel enregistré. Du classique, du très récent (Morrison hotel) qui lui laissait un vaste choix pour créer cet album live.

Il aurait sans problème pu se passer de The CoL et mettre Roadhouse blues qui était très apprécié par les 3 autres musiciens. Mais avec Jac Holzmann ils ont retenu cette pièce unique dans le répertoire des doors parce qu'elle est représentative de la créativité de Jim et que si l'on voulait restituer l'univers des doors on ne pouvait pas faire l'impasse sur ce poème commencé en 1965 et qui représentait beaucoup pour Jim à une certaine époque. Et ce choix marque une "victoire" pour Jim. Je suis certaine que Rothschild a pris conscience de la déliquescence qui menaçait les doors en 1969 et qu'il était nécessaire « d’écouter » Morrison, plus que jamais l’âme damnée du groupe, dans ce qu'il avait de plus originale comme artiste rock, à savoir sa poésie. Comme tu le fais remarquer, Rothschild admirait le Jim parolier et on peut s’en rendre compte dans son témoignage concernant l'enregistrement de The end (autre long poème) qui l'a marqué à vie.






3. Pourquoi 1969 marque le début du divorce entre le leader du groupe et le producteur.


Je maintiens que le divorce entre Rothschild et Jim a commencé à cette époque. L'enregistrement extrêmement éprouvant de The soft parade et un dirigisme très affirmé de Rothschild ont renforcé les difficultés de collaboration entre le chanteur et le producteur apparues déjà sur Waiting of the sun. Les conséquences de Miami n’ont fait qu'accentuer les tensions entre tous. L'enregistrement de Morrison hotel / Hard rock cafe est un miracle que personne ne s'explique... La presse avait enterré les doors, les concerts étaient devenus très rares. Mais finalement, et malgré tous les problèmes auxquels il faisait face et un esprit occupé par le tournage de HWY, Morrison a trouvé l'inspiration pour écrire des nouvelles chansons. Krieger raconte que Jim errait à pied à n’importe quelle heure du jour et de la nuit dans Los Angeles et qu'il écrivait sur des morceaux de papiers des brouillons de chansons qui ont finalement formé la base de leur nouvel album.

Dans l’interview que tu cites, Rothschild explique « de manière technique » qu’il n’a pas pu exploité tel quel les morceaux des concerts 69-70 et qu’il a dû faire des montages. Mais il a, dans d’autres entretiens plus tardifs, exprimé son sentiment par rapport aux performances de Jim durant ces concerts. Il montre plus que de la déception presque du mépris d’avoir dû corriger de façon systématique ce qu'il a considéré comme l’incapacité de Morrison à faire correctement son job. Krieger a remarqué que Rothschild était sorti complètement vidé et démotivé suite à son travail de post prod sur Absolutely live qui s’est étalé sur plusieurs mois durant une période qui a aussi vu l'enregistrement de Pearl avec Janis Joplin.


L’affluence à leurs concerts en 69-70 démontre que le groupe était toujours autant apprécié par le public. Que Rothschild ne trouve pas les doors musicalement intéressants en concert est un point de vue qui est à relativiser !


Je n’accuse pas Rothschild d’être un connard, je comprends que son perfectionnisme se soit trouvé insatisfait par rapport à l’évolution de Jim comme chanteur. Jim reconnaissait que Paul était compétent dans son job (et perso je trouve que son travail effectué sur Absolutely live est excellent) mais ça s’arrêtait là. Jim ne vénérait pas son producteur comme le faisait Manzarek ou Densmore. Lui et Paul avaient des personnalités trop différentes et ils ne poursuivaient pas le même objectif au point que travailler ensemble ne leur procurait plus de plaisir.


Mais dans les faits, ça n’est pas qu’un divorce producteur/leader du groupe, c’est un divorce entre Jim et la « machine » doors, entre Jim et le show business. Krieger n’est pas tendre non plus avec le Morrison post Miami. Il l’accuse de négliger son look, de ne plus avoir d’inspiration, de se caricaturer en concert et même de saboter la carrière commerciale du groupe avec son comportement.


La suite était écrite d'avance ...
Ce message a été modifé par Sister Mid'nite (6 Aoû 2019, 14:22)Citer
jimborrison


6 Aoû 2019, 0:21
Impressionnant et très convaincant! Tu devrais écrire un livre sur la psychologie des relations entre Jim, son producteur et les Doors.
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Geoffrey


6 Aoû 2019, 3:16
Le problème sur ce forum (et que je trouve
frustrant car somme toute très réducteur), c’est que toutes ces analyses sont faites par le prisme de Jim Morrison, et les témoignages des autres Doors sont souvent ignorés ou laissés de côté. On peut me reprocher de me focaliser sur le témoignage de Rothschild (un des rares qui parle des Doors comme un groupe et non seulement de Jim Morrison), mais il n’en demeure par moins que certaines de tes analyses font également fi de certains témoignages des autres Doors.

Je vais numéroter mes paragraphes aussi, du coup, haha !

1. Absolutely Live : un album destine à rapporter de l’argent à Elektra pour compenser les interminables et couteuses sessions studio de Soft Parade.

La raison de la réalisation de Absolutely Live par Elektra est motivée par des raisons d’argent avant tout autre considération. Comme je l’ai écrit, les albums lives étaient très populaires à cette époque et permettaient aux labels de se faire beaucoup d’argent sans avoir à supporter les coûts inhérents aux séances studio. En résumé, un album live coûte moins cher à produire et rapporte autant, voir plus, d’argent qu’un album studio.

Je n’ai jamais lu qu’il s’agissait d’une inquiétude d’Elektra sur la capacité des Doors à créer un nouvel album studio, comme tu l’écris (source ?). Contractuellement, les Doors doivent encore des disques à Elektra à cette époque de toute façon.

L’idée marketing était d’enregistrer les Doors au Whiskey a GoGo (« le retour du groupe à ses racines - la boucle est bouclée, retour sur le Strip ») mais c’est finalement l’Aquarius Theater qui sera retenu.

Les concerts de l’Aquarius Theater devaient donc être l’album live (comme je l’ai déjà écrit et comme Jim le dit effectivement lui-même en introduction du premier concert. A ce propos, il est exact qu'ils souhaitent documenter leurs concert sur disque, ils ont tenté de le faire avec l'Hollywood Bowl que d'aucuns considèrent comme décevant).

Les morceaux joués à l’Aquarius correspondent à la set-list qui paraîtra sur Absolutely Live et je t’invite à en tirer les conclusions qui s’imposent. Depuis le début, il est acquis que COTL et autres inédits paraitraient sur l’album live.

Les concerts de l’Aquarius contiennent des impros (durant Back Door Man, « I’m an old blues man and I think that you understand / singing the blue ever since the world began” etc., certains moments de folies comme Jim qui fait tarzan au dessus de la foule), simplement, le groupe conclue que ça ne suffit pas à en faire un bon album et s’accordent sur le fait que plusieurs autres concerts sont nécessaires pour en faire un bon album live. A ce propos, Paul n'a jamais dit que les Doors étaient mauvais en live, il dit simplement qu'ils ne passent pas bien en enregistrement live, nuance importante. (Ironiquement, je trouve que l'Hollywood Bowl est beaucoup plus agréable à l'écoute qu'avec l'image...).


2. COTL et la victoire de Jim

Je trouve que ce procès d’intention fait à Elektra et Rothschild participe du fantasme autour du génie supposé de Jim et de l'injuste censure opérée par le méchant groupe/label obnubilé par l'argent.

COTL n’était pas prête pour une sortie studio sur Waiting for the Sun.

L’absence de COTL sur cet album ne résulte pas d’une censure du producteurs et du label et il ne s’agissait pas de ne pas vouloir intégrer la poésie de Jim sur un disque studio. Au contraire, ils ont investi beaucoup d’argent en séance studio pour tenter d’enregistrer COTL.

Ca n’a simplement pas marché et il a fallu trouver des morceaux en urgence pour combler le vide, preuve que ce morceau était bien prévu pour occuper la face B du 33 tours.

Rappelons qu’au moment de Waiting for the Sun, Jim Morrison est totalement désinteressé par la rigueur de l’enregistrement studio, qu’il est souvent ivre et que par conséquent, il ne s’investit pas suffisamment pour faire de COTL le chef d’œuvre qu’il appelait de ses vœux.

Libre à nous de romancer le tout en parlant de « victoire » de Jim de finalement retrouver COTL sur l’album live, je trouve cette analyse quelque peu infantilisante. COTL a été joué plusieurs fois en concert – y compris à l’Hollywood Bowl, enregistré professionnellement lui aussi et il a toujours été évident que tôt ou tard, ce morceau devait apparaître dans la discographie des Doors.
Depuis le début du projet d’Absolutely Live, le label comme le producteur y envisageait COTL, d’où l’interprétation en entier de l’œuvre aux deux show de l’Aquarius.

A propos de Roadhouse blues que tu cites en exemple, Robby précise d’ailleurs que Roadhouse a été composée peu de temps avant qu’ils enregistrent les concerts pour Absolutely Live et ils ont tous considéré à cette époque que la mettre sur l’album live qui sort peu de temps après Morrison Hotel ne faisait pas vraiment sens. Le débat qui a eu lieu a porté sur l’inclusion ou non de Gloria et finalement, il a été décidé de ne pas l’inclure – au grand damn de Jim (elle paraîtra plus tard sur Alive She Cried).

3. 1969 marquerait le début divorce entre le leader (sic) et le producteur.

Encore une fois, une affirmation prise par le seul prisme de Jim Morrison et le producteur. C’est 1968 et les sessions d’enregistrement de Waiting for the Sun qui marquent le début du divorce entre Paul et le groupe (et non seulement Jim).

Il le dit également dans ses interviews : The Doors et Strange Days sont plaisants et stimulants à enregister car le groupe est en pleine créativité. Waiting for the Sun marque la fin de leur créativité et devient un supplice à enregistrer car Morrison n’a plus envie de s’imposer la rigueur du studio. The Soft Parade finira par achever Paul (et le groupe se plaindra du perfectionnisme de Paul – la question qu’on devrait se poser c’est « comment pouvait il en être autrement face à des compositions aussi pauvres que Tell All The People, Runnin’Blue, Easy Ride, Do It et Touch Me ?). Ceci étant, Paul est contractuellement lié à Elektra en tant que producteur des Doors sur la durée de leur contrat initial (donc cela exclu LA Woman). Lorsque les Doors présentent les nouveaux morceaux à Paul, celui-ci sort des sessions Pearl avec Janis, est bouleversé par sa mort et n’a simplement plus envie de travailler avec eux. Il trouve que les compositions ne sont pas bonnes (il dira que Love Her Madly est de la musique de cocktail) et leur dit frontalement lors de cette fameuse répétition. Les photos de cette session parlent d’elles-mêmes d’ailleurs.
Bref, Paul n’est pas parti à cause de Jim, mais à cause de son désintérêt pour les compositions des Doors, leur état d’esprit comme groupe et la façon dont ils envisageaient LA Woman. Il le dit – et les faits lui donnent raison –les studios outtakes des Doors ne sont pas intéressantes et les écouter témoignent du tour de force de Paul qui en a malgré tout fait des compositions telles que nous les connaissons
Autant, tu peux sortir un album complet d’outtakes d’Hendrix ou de Joplin, autant tu ne peux pas pour les Doors. C’est effectivement embarrassant (comme le dit Paul) et la plupart des vocals sont assurés par Ray, pour palier l’absence de Morrison.
Quelles sont tes sources qui te permettent d’affirmer que Manzarek et Densmore vénéraient leur producteur ? J’ai simplement lu qu’ils étaient effrayés de faire le grand saut sans Paul pour LA Woman, mais ils avaient un allié de taille, Botnick et des musiciens studios bétons pour les aider.
On parle d’un groupe mondialement connu en 1970-71 , qui côtoie les Whos, Led Zeppelin, Zappa, les Stones, et autres groupe légendaires sur scène, et qui fait tourner push-push en studio.
Je pense qu’il faut un peu remettre les choses dans leur contexte pour comprendre l’état d’esprit de Paul– et se détacher un peu du mythe Morrison.

4. PS : ce que tu écris à propos de Morrison Hotel

Morrison Hotel est composé de Roadhouse Blues, morceaux qu’ils improvisaient dès l’été 1969, de même que Maggie McGill (enregistré à l’Aqauarius theater), Waiting For the Sun, morceau initialement composé en 1968 pour l’album du meme nom, You Make Me Real, jouée au London Fog dès 1966, Indian Summer est un morceau enregistré pour le premier album. Finalement, la force de Morrison Hotel est de revenir aux vieilles compos qui datent de l’époque d’hyper créativité du groupe. C’est là toute le fiasco de Soft Parade en mon sens : l’utilisation de compos faites principalement en studio avec une ambition démesurée avec la qualité des matériaux retenus pour en faire un album. L’anomalie d’un groupe porté par un label un peu trop mégalo !
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Geoffrey


6 Aoû 2019, 4:53
Densmore à propos de Rothschild dans Modern Drummer (traduction rapide par mes soins): "Rothchild nous a fait faire 130 prises de Unknown Soldier. Ridicule ! J'aime la chanson et le résultat final, mais franchement, le coeur n'y était plus. Je suis certain que sur Waiting For The Sun, il y de bien meilleures prises qui ont fini à la poubelle que ce qui est sur l'album final, certes avec quelques imperfections ici ou là, mais au moins, c'étaient des prises avec passion".

Certains ont pu dire que Morrison buvait plus que de raison lors des sessions de Waiting For The Sun à cause du perfectionnisme de Paul, ce à quoi Paul se défend: "Jim n'était plus du tout intéressé lors des session de Waiting for the Sun. Il voulait faire autre chose et notamment se consacrer à l'écriture. Etre le chanteur des Doors ne l'intéressait plus et c'était très difficile d'avoir son attention".

Ceci étant, Paul était le seul à pouvoir tenir tête à Jim, selon Densmore. Et c'est cette fermeté de Rothchild qui a permis de tenir les Doors à flots, au moins en studio.
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Nico


6 Aoû 2019, 6:47
Je pense que la vérité est dans vos deux points de vue (Bayrou sors de ce corps !!!)
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jimborrison


6 Aoû 2019, 9:12
La vertu est toujours au juste milieu et il ne faut pas être un centriste radical pour le rappeler.
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Miami 69


6 Aoû 2019, 9:25
Citation de Sister Mid'nite :


Suite à la performance de Miami en 69.


Je suis flatté mais qui t’a parlé de mon savoir-faire dans ce domaine ?
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The Backdoorman


6 Aoû 2019, 10:33
Citation de Nico :
Je pense que la vérité est dans vos deux points de vue (Bayrou sors de ce corps !!!)


Ya du pour. Y'a du contre. Ca dépend.
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Sister Mid'nite


6 Aoû 2019, 12:52
Je ne vais pas à répondre à tous les points de ton message parce qu’être active sur ce forum est somme toute très accessoire et je viens de passer 5 jours à traduire 40 pages.


Mais je vais réagir rapidement à 2-3 choses:


Tu regrettes que la majorité des fans (y compris moi) se focalisent sur Jim Morrison au détriment du groupe. Je ne me sens pas concernée par cette remarque vu que j’ai crée et/ou alimenté 2 topics, l’un sur Krieger et l’autre sur Densmore. Et dans mes derniers messages, je cite plusieurs fois Krieger.


J’ai traduit des entretiens avec Rothschild, Botnick, Holzmann et donc je m’intéresse à tous les acteurs de l’aventure doors. Mais évidemment Jim Morrison est la personnalité humainement et artistiquement la plus fascinante de tout ces personnages. Sans lui, ce groupe aurait été un anonyme groupe californien des années 60 comme des centaines d’autres. Jim Morrison leur a donné une dimension unique.



Mais ce qui me frappe par rapport à tes commentaires sur les doors, c’est ta forte tendance à minimiser le rôle central et déterminant de Jim Morrison ainsi qu’à ne pas considérer son talent de poète (parmi ses nombreux autres talents). Même les trois autres membres lui reconnaissent un rôle central dans le groupe et développe leur musique à partir de ses textes.

Ca m’intéresse de connaitre ce que tu penses de Jim Morrison. Vraiment !



Pour tes derniers messages (paragraphe 1 et 2), je suis désolée mais je ne vois pas d’éléments qui remettent vraiment en question ce que je raconte (qui est une synthèse d’une multitude de sources).

Le seul élément qui est personnel, c’est ma supposition sur les raisons de mettre The CoL sur « Absolutely live », « Un documentaire organique » comme le précise une note sur la pochette.

Il est important de connaitre les enjeux qui se sont joués entre Morrison et les autres par rapport à des options artistiques. En 1968, rien ne laissait supposer que ce morceau réapparaisse sur un autre disque. Mais Jim n'avait pas perdu espoir et déclarait, précisément en 1969, que The CoL pourrait refaire surface…

Le "couac" de 1968 ne concernent pas uniquement « des problèmes techniques », mais également le manque d'enthousiasme du reste du groupe pour ce projet qui a mis une année à aboutir pour être finalement refusé. Le lendemain d’un enregistrement de The CoL, Rothschild a fait écouter la prise à Jim. Pour atténuer la tension, Manzarek a joué le rôle de conciliateur. Il a expliqué à Jim que c’est trop diffus, trop pauvre. Jim a encaissé et a proposé alors d’enregistrer des poèmes qui prendraient place entre les morceaux. Il les enregistrera mais ils n’apparaitront pas sur la version finale !… Deux concessions sont accordées à Morrison: "Not to touch the earth" est finalement conservé et l’impression du texte intégral de The Celebration of the Lizard à l'intérieur de la pochette de « Waiting for the sun ».

Cela n'empêcha pas le groupe de l'interpréter en partie (A little game) ou en intégralité durant des concerts en 1968. Mais suite à ce camouflet, Morrison ne cherchera plus à associer le groupe à ces créations poétiques et il commencera à envisager la possibilité d'un album solo de poèmes accompagnés de musique un peu sur le modèle de Horse latitudes. La vision d’un rock étroitement associé à la poésie et au théâtre était pourtant clairement revendiquée par Morrison en 1967 lorsqu’il déclare « vouloir développer systématiquement des longues compositions théâtrales comme The end et WTMO. Ce sont les morceaux où nous pouvons le mieux nous exprimer… »

Finalement ce n'est qu'en décembre 1970 qu'il s'est vu offrir par son ami Franck Lisciandro l'occasion d'enregistrer sa poésie qui, comble de l’ironie, allait être mise en musique par les 3 membres survivants après la fin pitoyable des doors ! Une victoire posthume de James Douglas Morrison… hi hi hi



Ton analyse (dans le paragraphe 3) prend en compte des éléments que j’ai négligé et je trouve que tu éclaires avec un autre angle ce désamour qui n’a fait que s’accroitre au fil des enregistrements. L'aspect purement musical a sans aucun doute joué un rôle dans le "départ" de Rothschild mais il semble que le décès de Janis Joplin à la fin des enregistrements de Pearl en 1970 avait fortement secoué Rothschild qui n'avait, selon Krieger (encore lui) « certainement pas envie de passé à la postérité comme le producteur des stars mortes jeunes » (je cite de mémoire).
Ce message a été modifé par Sister Mid'nite (6 Aoû 2019, 14:38)Citer
Sister Mid'nite


6 Aoû 2019, 14:07
Citation de jimborrison :
Impressionnant et très convaincant! Tu devrais écrire un livre sur la psychologie des relations entre Jim, son producteur et les Doors.


Je retiens sans savoir si tu fais de l'ironie...
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Sister Mid'nite


6 Aoû 2019, 14:11
Citation de Miami 69 :
Citation de Sister Mid'nite :


Suite à la performance de Miami en 69.


Je suis flatté mais qui t’a parlé de mon savoir-faire dans ce domaine ?



lalalalalala tu n'en rates pas une
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Sister Mid'nite


6 Aoû 2019, 14:25
Citation de The Backdoorman :
Citation de Nico :
Je pense que la vérité est dans vos deux points de vue (Bayrou sors de ce corps !!!)


Ya du pour. Y'a du contre. Ca dépend.



Ya ya
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Geoffrey


7 Aoû 2019, 6:59
Sister, tu écris: « Le "couac" de 1968 ne concerne pas uniquement « des problèmes techniques », mais également le manque d'enthousiasme du reste du groupe pour ce projet qui a mis une année à aboutir pour être finalement refusé. Le lendemain d’un enregistrement de The CoL, Rothschild a fait écouter la prise à Jim. Pour atténuer la tension, Manzarek a joué le rôle de conciliateur. Il a expliqué à Jim que c’est trop diffus, trop pauvre. Jim a encaissé et a proposé alors d’enregistrer des poèmes qui prendraient place entre les morceaux. Il les enregistrera mais ils n’apparaitront pas sur la version finale !… Deux concessions sont accordées à Morrison: "Not to touch the earth" est finalement conservé et l’impression du texte intégral de The Celebration of the Lizard à l'intérieur de la pochette de « Waiting for the sun ».

On a certainement un conflit de sources ici. D’une part je ne comprends pas ce que tu veux dire par « problèmes techniques » ? D’autre part, j’ai l’impression que les propos que tu rapportes ici sont basés sur l'article de Goldstein. Je suis allé relire cet article - fort bien écrit au demeurant - pour le plaisir, mais je ne vois pas du tout où Goldstein rapporte cette partie: "Jim a encaissé et a proposé alors d’enregistrer des poèmes qui prendraient place entre les morceaux. Il les enregistrera mais ils n’apparaitront pas sur la version finale !…". Peux-tu me préciser dans quel bouquin/article tu tiens cette anecdote ?

The Shaman As Superstar

Pour répondre brièvement à ta question sur ce que je pense de Morrison: Les Doors sont mon groupe préféré et ce depuis que j’ai 6 ans ! Quant à Morrison, j'ai toujours trouvé ses mélodies et ses paroles plus intéressantes que les chansons de Robby Krieger et je suis autant touché par l’humanité du personnage que par son destin tragique. Tout le monde souligne que les Doors sans Morrison ne sont pas les Doors (c’est évident), je suis pour ma part convaincu que la réciproque est vraie: Morrison sans les Doors (et ceci inclu le 5ème Doors qu'était Rothchild – c’est pas moi qui le dit, c’est Morrison lui-même !) n'aurait pas eu le succès qui est le sien aujourd'hui. Les gens se sont intéressés aux textes de Morrison grâce à l'album An American Prayer qui a fonctionné car il contient la mention "music by the Doors". Nico n’aurait jamais pu feuilleter la poésie de Jim Morrison si Morrison n’avait pas été le chanteur des Doors. Feast of Friends ; project mené par Morrison, est raté. HWY n’est franchement pas très intéressant (même s’il y en aura toujours pour me dire que je n’ai rien compris et que je passe à côté du génie de ce film). Ses livres de poésie m’indiffèrent assez, si je trouve certains de ses textes très intéressants, ce n’est pas cet aspect de sa personnalité qui me touche. Ce qui me touche, c’est que Morrison a eu une période intense de créativité en 1966-67, a connu la gloire et la célébrité en un temps record. Puis, au moment où il a fallut écrire sur commande pour répondre à l’exigence de leur contrat avec Elektra, il a très certainement eu le syndrome de l’imposteur ; « je gagne tellement d’argent sur ma créativité assumée, pourtant, je n’ai plus grand-chose en moi et l’essentiel de ma célébrité et de ma fortune est dû à un morceau que je n’ai pas écrit ».
Le syndrome de l’imposteur est évoqué dans le livre Break On Through de Riordan – j’y suis très sensible.
Morrison aurait pu faire face à cette situation de plusieurs façons. Lui a préféré se réfugier dans la boisson et d’adopter une attitude arrogante voir mégalomaniaque. On a versé tellement d’encre sur la dualité de la personnalité de Jim Morrison, un homme courtois, charmant et très cultivé lorsqu’il est sobre, et une raclure lorsqu’il est bourré. Ce trait de personnalité s’applique à tellement de nos potes qui ont noyé leur chagrin ou névroses dans la picole ou la drogue ! Ca fait de Morrison un mec totalement contemporain et justement tellement humain, bien loin du cliché du génie qu’on nous ressasse. Et c’est cela qui me touche chez Morrison. Un mec jeune, talentueux certes, mais pas suffisamment armé dans la vie pour survivre à sa célébrité et à sa propre légende (qu’il contribue sciemment à créer) ! Bref, je pense par ailleurs qu’il a été très suiveur. Je suis en désaccord total avec les gens qui glorifient sa personnalité en insistant sur son côté rebelle à qui on ne dicte pas ce qu’il doit faire. C’est tout le contraire qui s’est passé, et c’est tout le pathétisme de son existence : par exemple, lorsqu’on interviewe Jim Morrison sur Soft Parade, il concède avoir chanté Tell All The People et ses paroles ridicules « parce qu’on lui a dit de le faire ». Il continue l’aventure Doors, malgré les vexations, les contrariétés, les désaccords, Buick, etc. et ce, au-delà même de son engagement contractuel originel avec Elektra, puisqu’il resigne pour un nouvel album (LA Woman).

Je ne nie pas pour autant son refus de changer les chansons de Light My Fire au Ed Sullivan Show, je pense que le Morrison avait des principes saints qu'il a essayé de s'appliquer le plus possible au sein de cette machine à fric folle qu'était devenu les Doors. Et c'est aussi ce qui fait qu'il a inscrit son nom dans l'histoire du rock, bien entendu.

Il n'en demeure pas moins que Morrison était une personne jeune, fragile, manipulée par son entourage – pas forcément bienveillant – et donc assez éloigné de la caricature du rebel à qui on ne dictait pas sa vie.

New Haven et Miami ont fini de l’achever ; il n’y a rien de pire pour le moral d’un homme intègre et sincère que l’injustice. Il a fait ce qu'il croyait juste et dans les deux cas, cela s'est retourné contre lui.

On en revient au côté humain et terriblement banal de l'histoire de Morrison, et cette légende m’attriste sincèrement, tant elle me semble éloignée de la réalité du personnage. J’ai pris pleinement conscience de cela à la lecture des premières pages de Densmore qui décrit la première fois qu’il va se recueillir sur la tombe de Morrison. 27 ans, putain. J'ai le sentiment que Morrison a flingué sa vie et que cet entourage en a fait un business toujours plus lucratif, ironie et paradoxe, tant j'ai pu donner d'argent à la machine Doors.

J’aime les Doors pour ce qu’ils sont : un groupe à la musique et à l’univers passionnants, j’adore leurs défauts, leurs carences techniques, leurs carences scéniques, c’est le seul groupe arrivé à ce niveau de célébrité qui me semble, encore une fois et une dernière fois, tellement humain.

Pour finir et faire chier un peu, s’il y a du génie dans toute cette histoire, c’est bien le génie de Rothchild : d’avoir su transcender un groupe techniquement passable (la voix de Jim est ce qu’elle est en 1966, le jeu technique des Doors est maladroit, suffit d’écouter la démo de 1965 ou l’enregistrement du London Fog) pour en faire les Doors tels que nous les connaissons et qui leur a permis de dépasser le Sunset Strip pour arriver jusqu’à nos oreilles, encore en 2019. Je sais que vous êtes en total désaccord et comme toute success story, il y a toujours un concours de circonstance, mais je pense sincèrement que sans Rothchild aux commandes, nous ne serions pas à discuter de ce passionnant sujet aujourd’hui sur Crystal Ship.
Ce message a été modifé par Geoffrey (7 Aoû 2019, 7:12)Citer
Miami 69


7 Aoû 2019, 12:28
Citation de Sister Mid'nite :
Citation de Miami 69 :
Citation de Sister Mid'nite :


Suite à la performance de Miami en 69.


Je suis flatté mais qui t’a parlé de mon savoir-faire dans ce domaine ?



lalalalalala tu n'en rates pas une



excuse-moi mais ça m’a sauté aux yeux
Citer
Sister Mid'nite


7 Aoû 2019, 13:25
Citation de Geoffrey :


On a certainement un conflit de sources ici. D’une part je ne comprends pas ce que tu veux dire par « problèmes techniques » ? D’autre part, j’ai l’impression que les propos que tu rapportes ici sont basés sur l'article de Goldstein. Je suis allé relire cet article - fort bien écrit au demeurant - pour le plaisir, mais je ne vois pas du tout où Goldstein rapporte cette partie: "Jim a encaissé et a proposé alors d’enregistrer des poèmes qui prendraient place entre les morceaux. Il les enregistrera mais ils n’apparaitront pas sur la version finale !…". Peux-tu me préciser dans quel bouquin/article tu tiens cette anecdote ?

Pour répondre brièvement à ta question sur ce que je pense de Morrison: (...) j'ai toujours trouvé ses mélodies et ses paroles plus intéressantes que les chansons de Robby Krieger et je suis autant touché par l’humanité du personnage que par son destin tragique. Tout le monde souligne que les Doors sans Morrison ne sont pas les Doors (c’est évident), je suis pour ma part convaincu que la réciproque est vraie: Morrison sans les Doors (et ceci inclu le 5ème Doors qu'était Rothchild – c’est pas moi qui le dit, c’est Morrison lui-même !) n'aurait pas eu le succès qui est le sien aujourd'hui. (...) J’aime les Doors pour ce qu’ils sont : un groupe à la musique et à l’univers passionnants, j’adore leurs défauts, leurs carences techniques, leurs carences scéniques, c’est le seul groupe arrivé à ce niveau de célébrité qui me semble, encore une fois et une dernière fois, tellement humain.

Pour finir et faire chier un peu, s’il y a du génie dans toute cette histoire, c’est bien le génie de Rothchild (...)




Effectivement c'est Goldstein et il y a aussi Hopkins il me semble. J’avais archiver des centaines et des centaines de sources et quand j'écris il m'arrive de mélange 2-3 sources dans une même phrase en la réécrivant.


J’ai écrit - problèmes techniques - entre guillemets parce que sous ces termes se regroupent plusieurs choses très différentes: un problème de composition, un problème d’interprétation par Morrison et un problème de place et d’intégration dans le disque.


Concernant ta réponse sur Morrison, je trouve ton point de vue étonnant. En exagérant un peu, j’ai l’impression qu’on ne parle pas de la même personne.
Mais certaines choses que tu dis me font réfléchir.

Morrison était conscient de la valeur des trois autres en tant que compositeurs/interprètes. Il a confié qu'ils n’étaient pas amis mais qu’ils faisaient ensemble des bonnes chansons. Quand les managers des doors lui ont proposé de faire une carrière solo, il a refusé alors qu’il aurait pu s’enrichir encore plus.

De toute façon, Morrison avait d’autres objectifs que de faire des disques et il ne s’est pas vu comme un chanteur. Cela faisait partie d’une démarche artistique beaucoup plus large que les 3 autres n’ont pas compris ou même vu… A mon avis si on n’a pas cela en tête, on passe à côté de l’histoire.

C’est pour cela qu'il ne peut pas être mis au même niveau que les 3 autres. Sans établir de jugement de valeur, Jim Morrison a une ampleur bien au-delà de la musique et des disques.

De plus, son investissement psychique, intellectuel et émotif était largement plus intense que les autres et c'est ce qui a fait que les doors ont eu un tel impact.



Nous aurons certainement l’occasion d’en débattre au courant des prochains mois.
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Sister Mid'nite


7 Aoû 2019, 13:32
Citation de Miami 69 :


excuse-moi mais ça m’a sauté aux yeux



Rassure-moi, tu ne vas pas imaginer que c’est un acte manqué ?
Ce message a été modifé par Sister Mid'nite (7 Aoû 2019, 13:52)Citer
Miami 69


7 Aoû 2019, 14:00
Citation de Sister Mid'nite :
Citation de Miami 69 :


excuse-moi mais ça m’a sauté aux yeux



Rassure-moi, tu ne vas pas imaginer que c’est un acte manqué ?


Je suis en train de lire vos échanges et c’est cool ces différents points de vue. Le Geoffrey n’est pas largué.
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